Quatrième jour du V Forum

Après le week-end, le 5e Forum mondial a connu des interventions vraiment inspirantes. Dans un espace mis à disposition par le PNUD, intitulé "Faciliter les réponses territoriales aux besoins locaux et aux inégalités amplifiées par la crise : la valeur stratégique des modèles économiques alternatifs", Christian Felber, en tant que principal moteur du concept d'économie du bien commun, et Donnie Maclurcan du Post-Growth Institute ont participé.  

M. Felber, originaire d'Autriche, a expliqué que l'économie du bien commun est une approche équidistante entre le capitalisme et le socialisme. "Presque toutes les constitutions considèrent l'économie dans les paramètres du "bien commun". La pratique capitaliste, cependant, contrecarre cette bonne volonté". Pour le professeur Felber, dans une approche holistique, il faut resituer l'économie en la subordonnant à la vie sociale, en même temps que cette dernière est subordonnée à l'écosphère. Il préconise donc des marchés éthiques, le travail dans des coopératives et une politique de taxes ou de subventions qui soutiennent l'économie du bien commun. 

Donnie Maclurcan, d'Australie, a expliqué que face à une économie linéaire qui va de l'extractivisme à la pollution et à la création de déchets, il existe la possibilité d'une économie circulaire. Et il a fait valoir que cette circularité n'était pas seulement liée à des processus environnementaux, mais aussi à des processus purement économiques. "Nous sommes dans une économie qui crée à la fois une accumulation et une dette superlative. Nous défendons une économie où l'argent circule." Il a expliqué que 20% de l'économie mondiale évolue dans les paramètres de l'économie sociale et coopérative. Il a défendu la nécessité d'augmenter ce pourcentage et d'avoir des entreprises qui ont un but.

Pendant ce temps, plusieurs membres de l'ORU Fogar qui ont participé à la quatrième journée du Vème Forum mondial sur le développement économique local ont fini par traiter des questions alimentaires, selon des paramètres qui n'étaient pas éloignés de ces approches. Les gouverneurs de Huancavelica, au Pérou, Macistes Díaz, et de l'État du Paraná, au Brésil, Carlos Massa Ratinho Junior, l'ont fait dans le cadre de l'espace intitulé "Mécanismes de diversification productive et nouveaux modèles productifs pour une réactivation durable et cohésive". Tous deux ont montré l'engagement de leur territoire en faveur d'une alimentation biologique et de qualité.  

Le Péruvien a déclaré que sa région, Huancavelica, deviendra la première région biologique du Pérou. Il a expliqué que cela est possible car, pour l'instant, cette région est l'une des rares, dans le pays et sur le continent, où l'agriculture n'a pas été contaminée. De cette manière, le gouverneur est convaincu que Huancavelica peut cesser d'être l'une des régions les moins développées du monde, grâce à l'avantage d'avoir "maintenu notre biodiversité".  

Le gouverneur Carlos Massa Ratinho Junior a expliqué que, conscient que le monde exige une production alimentaire durable et saine, l'État du Paraná a apporté un soutien complémentaire aux producteurs. Il a affirmé miser sur une débureaucratisation administrative qui facilite la création d'entreprises dédiées à l'alimentation.

Martin Guillermo Ramirez, secrétaire général de l'Association des régions frontalières européennes, a complété ce thème en affirmant que les projets transfrontaliers pouvaient mettre en place des dynamiques d'économie circulaire et que, de cette manière, les territoires pouvaient être plus résilients. Il a déclaré que l'ARFE pourrait promouvoir des plans et des partenariats transfrontaliers pour créer des services d'urgence, en relation avec le changement climatique et la gestion des risques. Enfin, il a déclaré qu'il existait un potentiel transfrontalier pour travailler sur les énergies renouvelables, la transition et les transformations énergétiques afin de faire progresser les questions de recyclage.

Trois membres de l'ORU Fogar, issus de trois réalités très différentes, sont intervenus dans des espaces parlant des possibilités économiques et de création d'emplois de la révolution numérique. Issiaka Sanon, directeur de la coopération du Conseil régional des Hauts Bassins, au Burkina Faso, a affirmé que sa région fait des efforts pour se positionner dans ce sens car "la numérisation rend la région visible au niveau international et facilite les procédures de création d'entreprises".  Il a ajouté que la région met en place tous les moyens possibles pour que la numérisation puisse offrir des solutions aux entrepreneurs et aux entreprises.   

Leyre Madariaga, directrice de la Transformation Numérique et de l'Entrepreneuriat du Gouvernement Basque a présenté la " Stratégie pour la transformation numérique de Euskadi 2025 " qui vise à accélérer l'adoption des leviers technologiques émergents, à renforcer le développement et à exploiter le potentiel avéré des facilitateurs, contribuant ainsi à la transition technologique-numérique, qui soutiendra à son tour la transition énergétique-environnementale, la transition sociale et la transition sanitaire. Le gouvernement basque prévoit de soutenir cette stratégie par un investissement de 1 400 millions d'euros.

Candelaria del Pino, de la province de Santa Fe, a expliqué qu'en décembre dernier, les trois gouverneurs de la Région Centrale de l'Argentine (Entre Ríos, Santa Fe et Córdoba) ont signé un accord (Agenda Fédéral Commun) qui établissait des priorités communes au niveau régional, visant essentiellement à créer des emplois de qualité. Pour atteindre cet objectif, elle a souligné la nécessité de former les ressources humaines en fonction de l'économie de la connaissance.  

 

 

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