2020, une année virtuelle pour l’ORU-Fogar

Carles Llorens 

Secrétaire général de l'ORU Fogar 

Dans la dernière newsletter de 2019, le président Abdessamad Sekkal a déclaré que 2020 serait une année clé en termes de politiques de développement et de réunions internationales. Cinq ans se sont écoulés depuis l'approbation de l'Agenda 2030 pour le développement durable, dont les 17 objectifs doivent être atteints en 2030. Elle a également été essentielle pour la mise en œuvre du protocole de Kyoto et pour montrer une forte implication dans la mise en œuvre de l'accord de Paris pour la réduction des gaz à effet de serre. Cependant, 2020 n'a été pas l'année clé que nous avions espérée. 2020 a été l'année de la pandémie ! Et les objectifs, les ODD, non seulement n'ont pas réussi à avancer, mais ils ont reculé...

Cette année, qui a été désastreuse à bien des égards, n'a cependant pas été mauvaise pour l'ORU-Fogar.

Je pense que nous avons été utiles, surtout dans les premiers instants de la pandémie. Lorsqu'il y avait une grande confusion dans toutes les régions géographiques, nous avons fourni des informations fiables sur l'alerte sanitaire. Les informations fiables sont celles de l'Organisation mondiale de la santé, mais, parmi toutes les informations produites par l'OMS, il est important de choisir celles qui peuvent être les plus intéressantes.

Nous avons d’abord envoyé les recommandations de base : des recommandations devenues ensuite incontournables, en ce qui concerne le lavage des mains, la distanciation sociale, la prévention, la restriction des événements publics, l'utilisation des masques ... 

Ensuite, nous avons diffusé un cours en ligne pour le secteur de la santé, un manuel sur la gestion d'un centre pour les patients atteints de coronavirus et les sites web de recommandation de nos partenaires, comme la Catalogne et le Pays basque, qui ont été parmi les premiers à souffrir de cette crise et ont développé des instruments pouvant être reproduits.

Nous avons diffusé par tous les moyens possibles le travail des régions dans cette situation alarmante. Et nous avons apporté notre soutien à tous ceux qui nous le demandaient notamment lorsqu’il a été question de : trouver du matériel médical, gérer les dons de masques, s'occuper des citoyens de nos régions membres qui se trouvaient dans d'autres pays... Par l'intermédiaire de l'ORU-Fogar, par exemple, du matériel médical a été distribué et envoyé par la Fondation de l'amitié chinoise pour la paix et le développement.

Au fil des semaines, au-delà de la question sanitaire, l'alerte alimentaire a pris une nouvelle dimension et nous nous sommes appuyés sur notre longue et historique relation avec la FAO. Nous avons diffusé les recommandations et les rapports de la FAO, avec des résumés que nous avons élaborés. Quelles recommandations ? Elles sont nombreuses mais concernent plus particulièrement la préservation, la protection et le renforcement de toutes les filières d’approvisionnement alimentaires au niveau local, régional, national et international. En plus de ces recommandations, nous avons organisé des réunions de la direction de la FAO avec nos membres.

Alors que tous les évènements en présentiel disparaissent des agendas, l’ORU-Fogar demeure au cœur du réseau. C'est pourquoi nous avons mis en place le Forum « We Connect » pour expliquer les actions des régions contre le coronavirus. Un espace dans lequel sont expliqués les mesures sanitaires, sociales, alimentaires et de relance économique. Comme il n'a pas été possible d'organiser la cérémonie de remise de notre prix régional des bonnes pratiques en personne, elle a été déplacée vers un format virtuel et a été un succès. Avec la participation des cinq lauréats, la cérémonie a été visionnée par plus de 500 personnes. Plus de 80 régions étaient connectées aux sessions « Les possibilités de financement pour les régions d'Amérique latine et d'Afrique » en présence de représentants de la Commission européenne. Et nous avons lancé les Conversations positives, une initiative qui sera poursuivie en 2021 et qui est une invitation à réfléchir à la gouvernance post-COVID-19.

En plus de toutes ces initiatives, 2020 a été une année de consolidation pour l'ORU-Fogar en termes de présence dans l'Agenda global. Si les années 2014 et 2015 ont été des années de renforcement des structures de l'organisation et les années suivantes de solidification d'une stratégie de communication, 2020 a été une année de présence dans de multiples forums. Si en février, nous étions encore présents au Forum urbain mondial d'Abu Dhabi, nous l'avons été virtuellement à la Semaine européenne, au Forum politique de haut niveau ou aux cérémonies du 75e anniversaire des Nations unies. Ce passage à la sphère virtuelle a eu le mérite de permettre à de nombreuses régions de s'exprimer, et qui n'avaient généralement pas la possibilité de faire entendre leur voix dans le débat mondial. En ce sens, nous avons été très heureux, par exemple, de donner à une région aussi éprouvée que Nariño en Colombie la possibilité de faire entendre sa voix au Forum mondial sur les villes et territoires de paix.

Que nous réserve l'année 2021 ? Nous avons déjà vu qu'il est impossible de faire des prédictions. En tout cas, nous avons l'intention de continuer à nous renforcer et nous avons proposé de travailler à la construction de l'école de formation de l'ORU Fogar. Tout au long de l'histoire de notre organisation, diverses initiatives ont été encouragées dans ce domaine. Il est temps, cependant, d'articuler et de construire quelque chose de plus permanent, au service de la formation des cadres techniques et politiques des régions. C'est un objectif pour 2021 et, pour commencer, nous avons déjà programmé, pendant les mois de février et mars, le cours "Méthodes et outils pour l'élaboration d'un plan stratégique territorial".

Meilleurs vœux à tous et que 2021 soit une année de progrès pour une gouvernance proche du territoire et des citoyens.

 

 


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