Bonne année 2021 chers membres de l’ORU-Fogar !

Abdessamad Sekkal

Président de l'ORU Fogar

Nous venons de dire adieu à une année qui nous a tous bouleversés sur tous les plans et qui nous a forcés à nous remettre en cause et à nous recentrer sur les choses les plus prioritaires à toutes les échelles : des Etats, des Collectivités territoriales, des services publics et même à l’échelle des individus.

La pandémie du coronavirus Covid-19 a posé un énorme défi au monde actuel, celui d’apprendre à gérer une crise mondiale inhabituelle et urgente, et à trouver rapidement des moyens d’adaptation. Ceci a été le cas pour notre organisation, qui a montré une grande capacité d’adaptation en vue de continuer à assurer les services rendus aux régions membres et la tenue des réunions ordinaires de ses instances tout en maintenant une continuité dans la communication et une présence très forte dans les évènements internationaux en format virtuel. Ceci en plus d’actions liées au contexte actuel tels que l’organisation de campagnes de dons de masques et de tests PCR au profit des régions membres les plus touchées.

Nous avons également été témoins avec beaucoup de fierté de tous les efforts déployés par les régions et gouvernements intermédiaires membres de notre organisation pour faire face à cette pandémie et assurer la continuité de leurs services aux citoyens dans des conditions très compliquées et difficiles. 

Si aujourd’hui, la promesse d’un vaccin présente une issue très attendue de cette crise sanitaire, il est certain que cette pandémie a mis en avant de grands défis économiques, sociaux ainsi qu’en matière de gouvernance des états et des territoires et de la coopération internationale.

Elle a aussi mis la lumière sur l’importance de l’humain comme principale finalité de toutes les politiques et actions publiques et dans l’élaboration des programmes de développement économique et territorial. Plus que jamais, cette crise a démontré l’urgence de la réponse aux besoins primaires des citoyens notamment l’accès aux différents services publics que ce soit en termes de soins médicaux, d’éducation, d’accès à l’eau potable. En même temps qu’elle impose d’accélérer la démocratisation de l’accès aux nouvelles technologies à tous et la lutte contre tous les types de vulnérabilités.

Ceci ne peut se faire que si on arrive à faire évoluer rapidement et de manière profonde :

- Les systèmes de planification et de conduite des programmes de développement pour s’inscrire davantage dans des processus de développement durable et territorialisé.

- Les modes de gouvernance des pays, à travers le renforcement des processus de décentralisation, notamment dans les pays du Sud et à travers une meilleure répartition des rôles entre les différents niveaux de gouvernance, basée sur les principes de subsidiarité, de différenciation des rôles et de complémentarité. 

Dans ce cadre les régions et gouvernement intermédiaires se positionnent comme l’échelle territoriale idéale pour concevoir, dans une vision globale et intégrée, les stratégies et plans de développement durable, et définir avec précision les chantiers de concertation avec les collectivités des échelles inférieures, les acteurs non étatiques, les opérateurs économiques et les citoyens.

La vision de développement dans ce contexte implique également une matérialisation d’une planification stratégique intégrée dans la vision nationale, proche de la réalité, axée sur des résultats quantifiables et basée sur des programmes de développement durable, intégré, territorialisé et axé sur l’humain. Cette approche doit absolument être accompagnée par des capacités managériales et techniques permettant d’asseoir les bases de cette planification stratégique et le suivi de ses objectifs. 

C’est dans ce cadre, et en tant que premier porte-parole de l’Organisation des Régions Unies, que je n’ai cessé de soulever à différents rendez-vous nationaux et internationaux, à quel point il est important de renforcer le rôle des régions et les processus de décentralisation notamment dans les pays du Sud.

En effet, et malgré la montée en puissance d’un discours qui considère que seuls les régimes centralisés peuvent vaincre les grandes crises telles que celle de la pandémie actuelle en mobilisant toutes les ressources du pays, il est aujourd’hui indéniable que les pays qui ont le mieux réussi à endiguer la crise sont des Etas démocratiques où les différents niveaux de gouvernance coopèrent en toute complémentarité. L’efficacité de la réponse à l’urgence du Covid-19 ou toute autre crise dépend largement du niveau d’articulation entre les différents acteurs territoriaux et les différents niveaux de gouvernance notamment l’échelle régionale ainsi que de la participation active de la société civile.

Les régions et gouvernements intermédiaires et leurs réseaux sont appelés à redoubler d’efforts et à renforcer leurs échanges pour l’accélération de l’évolution des modes de gouvernance et le renforcement de leur rôle et aussi pour renforcer la coopération internationale décentralisée. 

 


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