Les régions en action contre le coronavirus

Durant cette crise, les gouvernements régionaux travaillent ardemment de front avec les autorités centrales et locales pour combattre la pandémie du COVID-19. En s’appuyant sur plus ou moins de compétences, certaines gérant le secteur de la santé, d’autres non. Les régions jouent un rôle essentiel en tant qu’intermédiaires entre le niveau national et local mais surtout en tant que gouvernements de proximité avec leurs citoyens fournissant des services de base et répondant aux besoins les plus urgents dans cette situation d’urgence. Les membres d’ORU Fogar, dans différents territoires, ont mené des actions fermes qui méritent d’être mises en avant. 

La diffusion des recommandations

En général, les régions mondiales ont joué un rôle clef dans la mission de diffusion. Les régions européennes ont largement misé sur la campagne #restecheztoi, diffusé à la télévision mais surtout sur internet. Les régions latino-américaines et africaines ont aussi fait la promotion de cette campagne. Par exemple, la préfecture équatorienne de Cotopaxi a réalisé des spots pour la radio du gouvernement provincial et pour les radios locales en appelant à la population à rester chez elle, autant en castillan qu’en quechua à travers le hashtag #WasipiSakirin. Non loin du Cotopaxi, dans la province équatorienne de l’Azuay, le gouvernement provincial a organisé à la radio un « Téléthon » afin de mobiliser des fonds pour lutter contre la pandémie. Sur un autre continent, dès les premiers cas de COVID-19 au Kenya, les comtés se sont consacrés à la sensibilisation des citoyens quant à la nécessité de maintenir la distanciation sociale et de se laver les mains pour éviter la contagion. 

Gestion du système sanitaire

Dans le contexte européen, où l’épidémie s’est propagée plus fortement, la priorité des régions ayant des compétences en matière de santé a été de garantir la viabilité du système sanitaire. Un considérable effort a été fait concernant le dépistage précoce à travers des milliers de test effectués. Cela a permis de réduire la pression sur les établissements de soins, tout en atteignant un pourcentage très élevé de personnes guéries. Mais il a fallu aller plus loin, la Generalitat de la Catalogne a dû faire appel à des professionnels de santé retraités, récemment diplômés ou étudiants de dernière année pour venir en aide au personnel hospitalier et celui chargé des premiers soins.

La Generalitat a développé une application COVID-19 pour les téléphones mobiles. En se connectant à cette application, les citoyens expliquent leur état de santé à l’aide d’un questionnaire simple. Cela permet dans un premier temps, de faire une auto diagnostique, mais aussi d’analyser les possibles concentrations de cas à travers la géolocalisation autorisée, facilitant l’identification et la mise en place de mesures dans les zones de transmission élevée. Divers acteurs comme la CEPAL se sont intéressés à cette application qui permet d’établir un lien entre les résultats du test et les antécédents médicaux de chaque personne, lesquels sont pris en compte dans les soins procurés. 

Approvisionnement du matériel médical 

Le Conseil régional d’Auvergne Rhône-Alpes a aussi été très réactif. Pour pallier les déficits de matériel médical, la région a transformé des locaux de la région en centres logistiques pour garantir la distribution de masques, de blouses et de désinfectants. Cependant, la plus remarquable action entreprise par le Conseil, a été l’opération qui a poussé quelques industries de la région a commencé la fabrication d’appareils respiratoires d’urgence.

Avec l’épidémie aux portes du Maroc, les régions du pays se sont mobilisées avec détermination pour arrêter le virus. Ainsi, alors que l’état d’urgence est décrété entre le 20 mars et le 20 avril, les régions ont accepté d’apporter 134 millions d'euros au programme national pour combattre l’épidémie et soutenir l’économie locale. Les présidents régionaux et les membres des conseils régionaux ont aussi accepté que leur rémunération mensuelle soit versée dans le programme. Quelques conseils régionaux ont adopté d’autres cotisations afin d’approvisionner les centres de santé en désinfectants, équipements médicaux et afin d’aider la population la plus défavorisée. C’est le cas des régions de Rabat Salé Kénitra ou de Souss Massa qui ont chacune mobilisé 2,3 millions d’euros ; ou de la Région Tanger Tétouan Al Hoceima qui a prévu 2 millions d’euros. Le Draâ-Tafilalet a lancé un plan qui au-delà de soutenir le système sanitaire, priorise l’approvisionnement des familles, aide les établissements pénitenciers et l’enseignement à distance. 

Au Sénégal, chaque Conseil Départemental du Sénégal a versé 3 millions de francs CFA au projet global de lutte contre la pandémie. Les présidents des départements ont fait parvenir aux localités une allocation et divers produits : caisses de savons, lessive, gel hydro-alcoolique, sacs de riz, essence. Les départements ont consacré de 2 à 9 millions de francs CFA aux comités locaux de gestion de l’épidémie. 

Garantir l’alimentation

Une partie importante du budget marocain et sénégalaise est consacrée à la garantie de l’approvisionnement alimentaire de secteurs défavorisés. De nombreuses régions d’Amérique latine ayant aussi participé à la diffusion et au soutien du système de santé, ont apporté une attention particulière au thème de l’alimentation. 

En Equateur, les préfectures dotées d’une sensibilité toute particulière envers la politique de sécurité et de souveraineté alimentaire, ont redoublé d’efforts. Dans l’Azuay, 50 000 paquets d’aliments agro écologiques ont été préparés pour combattre la faim et apporter de l’aide dans tous les coins de la province. À Morona Santiago et au Cotopaxi des kits d’aliments ont été distribués aux familles à faibles revenus et à celles considérées vulnérables. Dans le Pastaza, la préfecture a soutenu et garanti la chaine d’approvisionnement de produits agro écologiques depuis la production jusqu’à la consommation, en protégeant les magasins et les marchés dans les villes. 

Dans la province argentine de Córdoba, une somme supplémentaire de deux mille pesos a payé les 67 mille bénéficiaires de « la carte sociale provinciale » dédiée à l’achat d’aliments. Le département central du Paraguay a distribué l’aide du gouvernement national et a offert des services d’assistance en ligne pour les bénéficiaires de l’assistance sociale par l’intermédiaire de bureaux virtuels. 

En parallèle, le Conseil régional de l’Araucanía au Chili a demandé aux entreprises de ne pas couper l’approvisionnement en énergie et en eau durant l’état d’urgence. En Catalogne, le gouvernement de la Generalitat a arrêté d’encaisser 50% de l’impôt sur l’eau qui permet habituellement de financier son assainissement. De même, le loyer des logements sociaux sous la tutelle du gouvernement n’a pas été encaissé. 

Contre la violence domestique

Avec le confinement, le risque de violences domestiques augmente. Le Conseil Régional d’Auvergne Rhône-Alpes a d’ailleurs constaté une augmentation de 30% de cas durant les 15 premiers jours du confinement. Pour combattre ce fléau, la région a multiplié les publicités sur les numéros d’urgences et a aménagé 60 nouveaux logements pour les femmes maltraitées et leurs enfants. 

Les mesures économiques

En parallèle à la crise sanitaire, la pandémie a provoqué de graves conséquences économiques auxquelles les gouvernements tentent déjà de remédier, dans la mesure de leurs capacités et de leurs compétences. Dans la province de Córdoba, la banque de Córdoba donnera son aval pour verser jusqu’à quatre mille milliards de pesos aux petites et moyennes entreprises qui ne sont pas éligibles à un crédit. En Catalogne, la Generalitat a octroyé jusqu’à 2000 euros d’aide pour les travailleurs indépendants qui ont subi des pertes et a décrété une moratoire sur le paiement des taxes régionales.  

A ce sujet, le Plan de Réactivation de l’Investissement Publique de la Région de Cusco au Perou est un exemple notable. Avec ce plan, la région prétend, dès la fin du confinement, intensifier la dépense publique pour mettre en œuvre certains travaux publics prévus. Cela, en accélérant les systèmes administratifs d’acquisition et d’embauche à travers le télétravail, mais aussi en planifiant dès maintenant le roulement entre travailleurs à risque faible de contagion en prévision de la fin du confinement.

Pour soutenir les secteurs économiques de l’Ile de la Réunion, France, la région a débloqué une enveloppe d’urgence de 59 millions d’euros, afin de garantir le renforcement de la trésorerie. La région à mise en place des programmes de fonds pour accompagner les professionnels

 

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