Le secrétaire général de l’Oru Fogar défend l’actualité du régionalisme

Le secrétaire général de l’Organisation des Régions Unies (Oru Fogar), Carles Llorens, a inauguré le diplôme universitaire « Gouvernance et Développement intégré », organisé par la Région métropolitaine Bogotá/Cundinamarca et l’Universidad Externado de Colombia.

Dans son intervention, Llorens a fermement défendu le rôle stratégique des régions, en soutenant que, contrairement aux idéologies politiques traditionnelles qui « peuvent avoir une grande force, mais passent », le régionalisme « ne se périme pas et ne vieillit pas ». En ce sens, il a souligné que « le désir de décentraliser reste d’actualité, quel que soit le nombre d’années qui passent ». Le secrétaire général de l’Oru Fogar a résumé cette dynamique territoriale opposée au centralisme par une prémisse claire : « Aucun pays décentralisé ne veut revenir au centralisme, mais tous les pays centralisés veulent se décentraliser ».

Pour illustrer ce principe, Llorens a cité de grandes références et des modèles de réussite historique tels que la Suisse, née en tant que confédération dès 1291, ou les États-Unis (1776), dont le système fédéral permet la coexistence harmonieuse de réalités territoriales, politiques et historiques aussi diverses que la Californie et la Floride, ou le Massachusetts et l’Illinois. « On peut discuter de nombreux sujets à propos des États-Unis, mais pas du fait que leur système fédéral a été une référence de longévité qui continue de fonctionner », a-t-il affirmé.

Il a également soutenu qu’une part très substantielle de l’émergence de la Chine est due au pouvoir extraordinaire dont disposent ses gouverneurs. « Les provinces — a-t-il expliqué — gèrent 24,80 % des ressources publiques du pays. En outre, leurs gouverneurs gèrent une part très importante des entreprises publiques qui étaient auparavant contrôlées par le Gouvernement national, et ce sont eux qui assurent la promotion de leur économie à l’étranger. Aujourd’hui, on pourrait parfaitement parler des États-Unis chinois. Son émergence est liée à la manière dont ils ont géré la transition de leur système économique du communisme au capitalisme d’État, mais aussi à leur pari audacieux en faveur de la décentralisation ».

Llorens a également fait référence au processus engagé en Espagne à partir de 1978, qualifiant de « succès historique » le modèle qui a accordé l’autonomie et l'auto gouvernement à toutes ses régions. Il a toutefois averti que la décentralisation doit être comprise comme « un processus vivant conditionné par l’histoire politique de chaque pays », mais qui répond, sous toutes les latitudes, à certaines constantes marquées par des tensions et des débats continus autour de la répartition des compétences et de la distribution des ressources économiques.

Dans la dernière partie de son exposé, Llorens a cité Eduardo Verano, gouverneur du département de l’Atlántico (Colombie), comme l’une des figures de référence du régionalisme. Le secrétaire général et le gouverneur s’étaient réunis quelques jours plus tôt à Madrid pour aborder l’avancement du processus de décentralisation en Colombie et la constitution de la Région Entité Territoriale (RET) Caraïbe. Lors de cette rencontre, Llorens a transmis au gouverneur l’invitation officielle du président de l’Oru Fogar, Rachid El Abdi, à s’intégrer plus intensément dans l’organisation et à devenir, grâce à cette plateforme internationale, l’une des voix de premier plan du régionalisme en Amérique latine.

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